Choque_09b

Choquequirao, Pérou

Choquequirao. Voilà quelques syllabes qui se sont inscrites à tout jamais dans nos souvenirs, et qui désormais résonneront comme une de nos randonnées les plus extraordinaire.

A notre arrivée sur Cuzco, on ne sait pas trop comment partir à la découverte des vestiges de la civilisation locale, et on est motivé surtout à l’idée de rejoindre le Machu-Pichu par le chemin de l’Inca. On se laisse finalement tenter par l’idée d’aller découvrir le site de Choquequirao, plus isolé, et largement, mais alors très largement, moins arpenté que le chemin de l’Inca qui mène au Machu-Pichu.

Après une journée passée dans les rues étroites de Cuzco, et une seconde journée dans les magasins de trekking pour trouver le matos adéquat (difficile d’ailleurs à choisir, puisqu’il faut un duvet léger, mais adapté aux grandes variations de températures, étant donné la différence de dénivelé entre le premier camping situé à 1500m et le second, à plus de 3000m d’altitude…), nous nous préparons psychologiquement pour un départ le lendemain matin et retournons tranquillement à l’auberge pour préparer nos sacs…

Quelques heures avant le départ pourtant, Cyril et Sophie nous indiquent par mail qu’ils aimerait bien faire la ballade avec nous, si nous pouvons les attendre un jour de plus, après leur escapade dans la jungle bolivienne…

Choque_01
Au départ du sentier, une petite ville tranquille perdue au fond de la vallée… Les hordes de touristes ne se pressent pas par ici, et l’atmosphère paisible, ne laisse en rien présager de ce qui nous attend.

Marché conclus, et un jour d’attente supplémentaire pour nous, qui nous permet de visiter une partie de la vallée sacrée. Et nous voici donc partis au petit matin, à ,4 en direction d’une minuscule bourgade d’où démarre un sentier sur lequel nous nous engageons vers 11h00 du matin. Quelques kilomètres plus loin, une petite maison qui surplombe toute la vallée signe le début de nos souffrances…

Au programme des prochains jours, point de téléphérique ni de bus touristique comme sur le Machu-Pichu. Ce n’est qu’à la force de ses propres mollets que l’on peut tenter l’aventure. 5 jours de marche en autonomie (ou accompagné d’une mule) sont nécessaire pour rejoindre Choque… 1500 mètres de descente le premier jour pour rejoindre le fond du canyon creusé par la rivière. Remontée sur le versant opposé de plus de + 1500 mètres le second jour pour arriver au camping situé au pied des ruines. Un jour de visite pour découvrir la citée Inca perchée plus haut encore que le Machu-Pichu. Et enfin, 2 jours pour faire le retour…

Choque_06
Nous commençons alors la descente progressivement, après un au revoir au magnifique husky aux yeux verrons, gardien de l’entrée de la rando.

 

Motivés, nous attaquons le chemin tous les 4.

Choque_02

Devant nous, un chemin qui serpente à flanc de montagne. On ne perçoit que difficilement son point d’arrivée, mais on devine sur la montagne en face, à quelques kilomètre de nous, son jumeau sur le versant opposé. Il semble si près, et pourtant, nous savons qu’il nous faudra 2 jours de grosse marche pour y arriver…

La descente est longue et poussiéreuse. Les herbes sur les côtés aux couleurs mauves ondulent magnifiquement sous le vent qui s’engouffre dans le canyon. Il fait frais alors que le soleil est au zénith, pourtant 1500m plus bas, lorsque nous arrivons vers 16h auprès du ruisseau, qui à présent ressemble bien à une rivière vigoureuse, le soleil ne nous atteint plus, mais la chaleur et l’humidité ont bien pris le relais. Nos duvets qui demain nous tiendront au chaud là haut ne nous seront pas d’une grande utilité ce soir…

Choque_03
Le chemin à flanc de colline devient poussiéreux à mesure que nous descendons dans le canyon

 

Après quelques minutes d’hésitation, et une décision collégiale, nous  nous résolvons à rester en bas pour la nuit. Le départ tardif ne nous permettant pas de pousser plus avant pour aujourd’hui, au risque de finir de nuit, ce qu’aucun de nous ne souhaite réellement!

Choque_04
La lune se lève sur le plat de nouilles qui chauffent. Le campement monté, nous attendrons le lendemain pour attaquer la montée, sacs au dos…

Nos genoux douloureux après cette longue descente ne sont pas contre l’idée de s’arrêter ici pour aujourd’hui, et finalement, une bonne douche, un plat de nouilles et les œufs durs préparés la veille concluent cette première journée bien chargée.

Un groupe organisé partage le camping avec nous. L’ambiance est bien différente pour eux. 6 chevaux et 2 guides/cuisiniers pour 2 personnes portent tentes, auvents, réchauds et bouteilles de gaz pour une rando ambiance 3 étoiles. Un des chevaux d’ailleurs a pris un tel coup de chaud qu’il n’arrive plus à se relever… On se demande sérieusement s’il sera encore là demain…

Réveil matinal et départ aux aurores pour nous 4… Un bon bol d’avoine englouti, et nous voici de nouveau sur la piste, suant, le pas et les sacs lourds!, nous enchaînons les kilomètres de montée à petite allure pour arriver en haut d’un dernier col. Devant nous se dévoile un pan de montagne marqué par des terrasses escarpées à flanc de cette falaise abrupte, le tout perché à plus de 1500m au dessus de la rivière que nous avons quittée ce matin même.

La vue est absolument incroyable, et on ne peut s’empêcher de s’interroger sur ces Incas et leur idée folle de vouloir dominer de tels endroits…

Choque_0

Le chemin serpentent encore quelques kilomètres, relativement à plat, et nous conduit tout droit au camping de Choquequirao. Fatigués, mais encore vaillant, nous en profitons pour manger un morceau, nous décrasser un peu, et retrouver Cyril et Sophie.

Toujours motivé, Cyril nous pousse un peu pour qu’on visite le soir même le site. Il est 14h00, et après tout, nous avons bien 3 heures devant nous avant que le soleil ne se couche. Ce sera l’occasion d’y admirer le coucher de soleil ! C’est ainsi que débarrassés de nos sacs et de nos tentes, nous partons en direction de la place principale.

Le chemin passe à travers une végétation dense. De ci de là, on devine des terrasses, et d’anciennes habitations. Seul 30% du site a été débarrassé de la végétation luxuriante qui y a repris ses droits, mais ces quelques endroits plus dégagés donnent une petite idée de ce à quoi pouvait ressembler le site il y a quelques centaines d’années.

Le chemin débouche finalement de manière assez inattendu, au somment de la place principale, sur cette crête totalement terrassée par l’homme. L’impression dégagée par cette arrivée est difficilement descriptible. Conjuguée à la fatigue et à la satisfaction d’être arrivé ici, le moment est fort.

Choque_09

Sur la place, 2 ou 3 autres touristes sont présents pour découvrir ce lieu incroyable ! Le sentiment n’en est que plus unique. Seuls en ces lieux magiques, je suis envahi d’une sensation unique… Je suis heureux, et heureux de partager ce moment magique avec Nada.

Choque_08

Choque_07

 

 

Nous découvrons ainsi tout le site dans l’après midi, et profitons jusqu’à ce que la lune se lève de cet endroit merveilleux qui semble désormais nous appartenir, avant de retourner finalement vers nos tentes, où nos duvets nous attendent.

Le troisième jour, nous partons à la découverte de la partie basse du site, terrasses aménagées, qui sous la brume donnent l’impression d’être arrivé au bout du monde.

Choque_10

Nous décollons finalement dans la matinée, et rejoignons la rivière 1500m plus bas vers 11h30.

Le déjeuner engloutit, un muletier nous propose de porter nos sacs, direction notre village de départ… Nous avons déjà 1 jour d’avance sur le programme, mais Cyril nous pousse un peu encore, et nous cédons finalement à l’idée de pouvoir dormir dans un bon lit douillet dès le 3ème soir…

Il  nous en coûtera donc une longue après midi de remontée terrassante sous un soleil de plomb, mais finalement, nous réussissons à rejoindre le village, et à boucler la ballade et la visite en 3 jours complets!

Hernan, un argentin rencontré par hasard dans le village et qui visite la région, se joint à nous pour ce dernier repas, et nous négocie une truite pannée pour quelques 8 pesos!

Des souvenirs plein la tête, nous nous endormons tranquillement, en imaginant déjà notre prochain repas à notre retour à Cuzco… Une bonne pizza au feu de bois…bien sur…!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *