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Machu Pitchu, Pérou

Avant même de partir en tour du monde, nous savions que le passage par le Pérou serait un moment magique. Tout particulièrement inoubliable du fait de l’étape obligée que constitue le Machu-Pichu… Nous ne nous trompions pas, et avions spécialement gardé le site comme la dernière étape de notre passage à Cuzco !

La tête dans les fesses de la voyageuse low-cost qui nous devance, l’aventure commence pourtant comme un remake de mauvais goût de Choquequirao: les mollets qui brûlent, et la chemise qui s’imprègne doucement de sueur, cette fois, avec en fond sonore Brel qui à tue-tête répète « Au Suivant »…

Revenons cependant un peu en arrière, car avant d’en arriver à faire du tête à cul, il nous a fallu arriver jusqu’à Agua-Calientes. Petite-ville établie  dans un décor incroyable, dans les méandres d’une rivière, au creux de cette  montagne gigantesque surplombée par la mystique citée centenaire, et urbanisée de manière… absolument immonde!

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Le site d’Agua Calientes vu d’en haut… Force est de reconnaître que le site est absolument majestueux.

S’il y a plusieurs manières de rejoindre le Machu-Pichu, toutes passent par Agua-Calientes, et soit dit en passant, aucune n’est pas chère… De là, il nous restera à nous lever à 4h30 pour commencer l’ascension des 600m qui mènent aux Incas et pouvoir découvrir le site au lever du soleil. D’autre prendrons un bus à 50$ AR pour éviter ces 45 minutes d’effort… Ici, tout se monnaye!

Car si nous n’en étions pas encore convaincu, le Machu-Pichu est devenu (ou a toujours été ?) une grosse machine à faire du business… Face à ce constat, nous nous résolvons à nous y rendre par l’option low-cost à presque 100$ par tête tout de même pour 4h de bus et 2h de marche le long de la voie ferrée. Le train est en fait le mode de transport traditionnel depuis Cuzco jusqu’à la ville d’Agua Calientes pour les voyageurs moins près de leurs sous, mais le voyage low-cost étant à la mode, l’option « rando » semble se développer plus rapidement que les infrastructures.

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La petite marche de 2 heures qui nous attend n’est pas si désagréable. Par ailleurs pour qui a l’œil aiguisé, et qui connait le site, on voit de la piste le Wayna-Picchu et quelques terrasses du site du Machu-Pichu (en zoomant sur la photo en 36Mpx, aucune chance ici!).

Encore une fois, revenons en arrière, et à ce départ de Cuzco, d’où toute l’aventure Machu-Pichu-ienne commença. Le bus, ou plutôt le mini-van chargé à Cuzco nous emmène donc à vive allure à travers la cordilière, zigzagant sur un bitume sporadique, et évitant tant bien que mal les voitures qui nous croisent sous des tonnerres de klaxons – jusqu’à un petit village qui semble être au bout de la piste goudronnée. Ici, c’est un chaleureux « get down, now » de notre chauffeur, qui nous fera comprendre que nous sommes gentiment priés d’attendre une petite heure que nos 2 amis qui ont pris l’option avec repas voient leurs pâtes bolognèse servies… Nous en venons à penser que notre chauffeur vient de la région vietnamienne de Ninh-Bin…

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Du haut de son rocher, un lama nous attend de pied ferme sur le site…

Lorsque le mini-bus repart enfin, pour s’attaquer à une petite piste en terre étroite à flanc de falaise, sur une de ces routes dignes des pires reportages catastrophes type « les routes de l’extrême », j’en viens à regretter les premiers kilomètres….

Certains diraient que j’exagère un peu le trait, mais notre chauffeur doté d’un tempérament bouillonnant, ne fit rien pour rendre le voyage agréable. Lorsque bloqués face à un camion dans un virage délicat, constatant l’inefficacité du klaxon et des insultes pour débloquer cette situation, la marche arrière enclenchée, nos co-passagers  se mettent à crier alors qu’une roue se trouve presque dans le vide (personnellement je préfère ne pas regarder et m’en remettre aux dieux Incas!)… Le sang chaud de notre chauffeur ne met pas longtemps à chauffer, et nous voici tous mis dehors pour attendre qu’il en finisse avec le camion bloqué en face de lui…

Après quelques âpres négociations, les deux véhicules s’en sortiront sans encombre, et nous finissons finalement par arriver à cette fameuse petite gare, perdue au pied des montages, d’où nous commençons guillerets à suivre la voie ferrée.

Lorsqu’au loin, le train se met à siffler, quelques souvenirs des vieux films de cow-boy et d’indiens nous reviennent, quoi qu’une vision plus réaliste de la situation se trouverait plutôt dans les manuels marxistes, avec la upper-class qui voyage dans son wagon hors de prix, regardant avec un regard condescendant les rigolos qui se font suer à marcher 10 kilomètre le long des voies…

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Avant de passer sur le pont, on s’assure qu’aucun train n’arrive…

Qu’importe, car tout ceci nous conduit finalement à bon port. Agua Calientes, dont je parlais plus haut. Si la question du nom de la ville ne trouva pas de réponse immédiate, une chose est sûr, il n’est pas lié à la température des douches dans ses hôtels. Finalement établis dans une petite chambre pour une courte nuit, nous repartons dès le lendemain, 4h45 pour être au pied de la montée à 5h00, comme indiqué dans nos précieux guides…

Sur le chemin, nous suivons quelques badauds qui comme nous se sont levés aux aurores pour espérer être parmi les premiers du jour à contempler le lever de soleil sur le site…

Erreur ! Erreur monumentale ! Car si nous arrivons comme prévu à 5h00 au pied de la montagne, il y a déjà près de 200 personnes devant nous qui font la queue devant le pont.

Prenons le temps d’une pause arithmétique, et faisons les comptes : 20minutes de queue pour attendre que notre ticket soit contrôlé en bas du pont. Auquel j’ajoute 45 minutes de montée, comme indiqué plus haut, la tête dans les fesses de notre voisine. Je fais un petit prix de 20 minutes d’attentes supplémentaires en haut à l’entrée du site pour passer en même temps que ceux qui ont pris le bus, auxquelles j’ajoute finalement 5 minutes supplémentaires pour ceux qui prennent un guide et passent devant tout le monde (ils payent plus donc ils ont le droit!).

Je vous laisse faire les comptes, et vous donne le résultat du problème : une arrivée après le soleil !

Complexifions le problème, et ajoutons à celà une journée nuageuse. J’obtiens finalement une moindre déception, mais un fort sentiment de s’être levé à pas d’heure pour pas grand chose, d’autant que Cyril et Sophie (qui sont toujours avec nous, mais ont dormi en camping) arrivent quelques 15 minutes après nous, sans avoir nullement fait la queue…. Grrr…..

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Terrasses et site incroyables. Devant nous se dresse le Machu-Pichu tel que nous l’avons imaginé!

Sueur séchée, et déception du lever de soleil raté digéré, on commence finalement à profiter du site qui se dresse majestueux devant nos petits yeux de simples mortels. Fidèle aux innombrables images que l’on a déjà croisé à des centaines de reprises tant dans les reportages que sur les sites de voyageurs, le spectacle n’en reste pas moins incroyable… L’emplacement choisit pour ce site est encore une fois totalement hallucinant. La montagne Machu-Pichu derrière nous et le Wayna-Pichu devant surplombent le site qui ressemble à un étroit pont faisant la jonction sur une crête étriquée entre ces deux sommets, surplombant la rivière en contre bas.

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C’est par où la montagne ?

Première visite rapide du site, et découverte de ses nombreuses constructions, nous attaquons à présent la montée de la montagne, qui surplombe le Machu-Pichu et le Wayna-Pichu. C’est le point de vue le plus haut sur l’ensemble, et c’est celui que nous avons choisi de tenter (pour un léger supplément… de toute manière, il aurait fallu réserver bien plus tôt pour espérer grimper sur Wayna Pichu, et c’est plus cher !).

La montée est dure, et il fait chaud, et lorsque nous arrivons au sommet, le spectacle se dévoile enfin ! De magnifiques nuages se dressent devant nous, en une vague poétique de blanc brumeux…!

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Ici, le spectacle, c’est nous !

Autant dire que l’on a un peu de mal après 1000m de dénivelé à apprécier le spectacle de la brume ondulante, et une légère frustration nous envahit rapidement… Pour ceux qui suivent les actualités, vous ne serez pas surpris de savoir qu’en altitude, le temps passe moins vite (merci les ondes gravitationnelles et ce sacré Einstein!). Mais nous attendons un sacré bon moment pour que le voile se lève enfin!

Par vagues, les nuages s’amusent à découvrir puis recouvrir le site, jusqu’à finalement se dissiper totalement, laissant le panorama complet se révéler, et nous laissant à nos Ouah !

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enfin, le paysage se découvre… La vue est impressionnante !

La descente depuis la montagne nous permet de profiter largement de la vue qui désormais est parfaitement découverte sur le site, que nous visiterons pour conclure avec une guide francophone, qui nous en décrit les moindres petits détails, nous aidant ainsi à profiter pleinement de l’endroit, et nous permettant l’espace d’une journée de nous imprégner de cette culture Inca.

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Le site est tout de même bien fréquenté !
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Avant de descendre, on se prête au jeu des poses photos.
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Qui a dit que le site n’était pas géométrique ?

Le retour jusqu’à Cuzco se fera sur nos traces allées. Un peu de vertige en moins, car un nouveau chauffeur qui semble cette fois légèrement plus prudent nous conduit, et nous arrivons ainsi à Cuzco sans plus d’encombres, ravis et heureux.

Demain, direction le canyon de Colca et Arequipa.

 

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